Un nouveau risque des antidépresseurs : la thrombose veineuse

Par Julien Hernandez Publié le 31/07/2018 Mis à jour le 01/08/2018
Actualité

La prise d’antidépresseurs augmenterait le risque de thrombose veineuse. 

Pourquoi c’est important

Avec le mode de vie moderne (alimentation ultra transformée, sédentarité, stress, etc.), le nombre de personnes touchées par la dépression croît beaucoup. Or, les nombreux médicaments disponibles censés la combattre ne sont pas dépourvus d’effets secondaires, qui vont parfois à l’encontre du but recherché. Une récente méta-analyse vient de conclure qu’ils augmentaient probablement le risque de thrombose veineuse. 

La thrombose veineuse est l’obstruction d’une veine par un caillot sanguin (ou thrombus dans le jargon médical). Selon la veine atteinte, si le caillot se détache, il peut soit provoquer une embolie pulmonaire, soit un accident vasculaire cérébral.

L’étude

Des chercheurs ont analysé 8 études d’observation portant sur la dépression, l’utilisation d’antidépresseurs et le risque de thrombose veineuse.

Après analyse, les scientifiques ont remarqué une incidence plus élevée de thrombose veineuse chez les personnes en dépression (+31 %) par rapport aux non-dépressifs, chez celles consommant des antidépresseurs tricycliques (+ 16%), ou des inhibiteurs de la sérotonine (+ 12%) et les autres catégories d’antidépresseurs (+ 59%) par rapport à celles qui n'étaient pas sous traitement. 

Pour confirmer ou pas cette association statistique, il faudra toutefois attendre des expériences qui étudieront le mécanisme pouvant l’expliquer. 

En pratique 

Environ 45 millions de boîtes d'antidépresseurs sont prescrites chaque année en France. Environ 6% des Français en consomment donc toute l'année. 

L'efficacité des antidépresseurs les plus prescrits (inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et/ou de la noradrénaline) a été remise en cause par une méta-analyse de 2017 d'essais cliniques, selon laquelle les bénéfices de ces médicaments apparaissent plus réduits qu'on ne l’imaginait, y compris dans les dépressions sévères, et que leur intérêt dans les cas de dépression légère à modérée est, au mieux, douteux.

Les antidépresseurs ont par ailleurs de nombreux effets indésirables comme les troubles sexuels mais, plus grave, des études ont trouvé un risque accru de pulsion suicidaire. Les antidépresseurs pourraient aussi nuire au bon fonctionnement de nombreux organes dans tout le corps.

Si vous souffrez de dépression, il faut évidemment consulter un médecin, et avant tout traitement évoquer avec lui ces trois points :

  • Avez-vous envisagé un traitement psychologique validé scientifiquement, comme les thérapies cognitives et comportementales?
  • Avez-vous pris des antidépresseurs dans le passé et cela vous a-t-il été bénéfique ?
  • Quels sont les effets indésirables des médicaments qui pourraient vous être prescrits et sont-ils inférieurs aux bénéfices éventuels ?

Si vous êtes à risque de dépression (parce que vous en avez déjà fait une par exemple) :

Agir sur le mode de vie permet de limiter le risque de dépression. Voici quelques conseils qui pourraient vous aider : 

  • Adoptez un mode de vie méditerranéen. L’alimentation, l’exercice et le contact social sont des remparts bien plus efficaces contre la dépression que n’importe quel médicament actuel.
  • Exposez-vous au soleil de mars à octobre, et prenez un complément de vitamine D en dehors de cette période (voire à l’année si vous habitez plus haut que Lyon).
  •  Pratiquez la méditation : elle aide à se recentrer sur soi et à mieux appréhender ses émotions

Lire aussi : Soignez anxiété et dépression par les TCC

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