Hypercholestérolémie familiale : réduire les glucides plutôt que les graisses saturées

Par Suzanne Lovell Publié le 08/07/2020 Mis à jour le 08/07/2020
Actualité

Selon une étude récente, il n’y a pas de preuve qu’un régime pauvre en graisses saturées permet de réduire le cholestérol chez les personnes atteintes d’hypercholestérolémie familiale. En revanche, réduire les glucides fonctionne.
 

Pourquoi c’est important

L'hypercholestérolémie familiale est une maladie génétique responsable d'une augmentation importante des taux sanguins de cholestérol, et qui est associée à un risque accru de maladies coronariennes. Si vous en souffrez, il vous a probablement été conseillé de réduire les graisses saturées.

Or selon une équipe internationale de cardiologues qui vient de publier un article dans la revue BMJ Evidence-Based Medicine, ces recommandations qui datent des années 1930, sont, a minima, controversées, voire même contreproductives.

Ce que dit l'article

Les médecins déclarent n'avoir trouvé aucune preuve tangible démontrant un lien entre réduction des graisses saturées et diminution du risque cardiovasculaire.  De plus, la promotion d’une alimentation pauvre en matières grasses dans les années 1980 en particulier aurait contribué à une surconsommation de glucides raffinés et à l’augmentation de la prévalence du diabète de type 2.

Par ailleurs, d’autres études ont montré qu’il n’y avait probablement pas de lien entre un taux élevé de cholestérol et le risque de maladies coronariennes.

Selon le Pr David Diamond de l’université de Floride, les personnes à risque de développer des maladies cardiovasculaires (en surpoids, hypertendues, diabétiques) bénéficieraient plus d’un régime pauvre en glucides que d’un régime pauvre en graisses saturées.

Cette affirmation est basée sur des preuves solides montrant que les aliments à index glycémique (IG) élevé (pain blanc, pommes de terre, sucreries...) seraient les principaux fautifs chez les personnes présentant trop de « mauvais cholestérol », le LDL-cholestérol.

Les auteurs mettent aussi en avant un essai contrôlé randomisé au cours duquel des participants suivant une alimentation pauvre en glucides raffinés ont présenté des améliorations supérieures des facteurs de risque de maladies coronariennes  (surpoids, insulinorésistance, hypertension) que ceux suivant un régime pauvre en graisses. Malgré une consommation en matières grasses 3 fois supérieure, le régime pauvre en glucides s’accompagnait d’une réduction de la quantité de lipoprotéines A, formée en partie de LDL-cholestérol.

Ces conclusions remettent en question les conseils de l'Association américaine des cardiologues et des autorités de santé américaines et européennes.

Lire aussi : Infarctus, AVC : la charge glycémique plus dangereuse que le cholestérol

En pratique

On sait désormais que la vraie protection contre les maladies  cardiovasculaires passe par un mode de vie sain : alimentation à IG bas ou régime méditerranéen, activité physique, limitation du stress, pas de tabac.
Dans une alimentation à IG bas, c'est la qualité des glucides qui prime : privilégier les aliments peu transformés, les glucides peu raffinés (céréales complètes), les fruits et les légumes entiers, les légumes secs et limiter (ou éviter) les boissons sucrées, les confiseries...

Le régime Okinawa et le régime paléolithique auraient également des effets protecteurs.

Pour en savoir plus, lire : Le Nouveau Régime IG
 

Références
  1. Diamond DM, Alabdulgader AA, de Lorgeril M, et al Dietary Recommendations for Familial Hypercholesterolaemia: an Evidence-Free Zone BMJ Evidence-Based Medicine Published Online First: 05 July 2020. doi: 10.1136/bmjebm-2020-111412

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