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Le Prozac, un antidépresseur très prescrit, pourrait favoriser l’émergence de « superbugs », des bactéries multirésistantes.
La résistance aux antibiotiques est devenue un problème majeur de santé publique dans le monde. En France, elle est responsable d’environ 12 500 décès chaque année. Si les bactéries font de la résistance, c’est en grande partie à cause d’une mauvaise utilisation des antibiotiques. Mais d’autres facteurs environnementaux sont-ils impliqués ? Des chercheurs de l’université du Queensland se sont intéressés à la consommation d’autres médicaments, comme des antidépresseurs à base de fluoxétine. La fluoxétine, plus connue sous l’appellation de Prozac, est une molécule prescrite contre la dépression, des troubles alimentaires ou des TOC (troubles obsessionnels compulsifs). Près de 11 % de la fluoxétine absorbée par les patients reste intacte et repart dans les égouts, via l’urine. La molécule persiste dans l’environnement et pourrait favoriser des multi-résistances.
Les chercheurs ont travaillé sur la bactérie Escherichia coli et l’ont exposée à des concentrations croissantes de fluoxétine, de 0 à 100 mg/L. Par comparaison, un cachet de Prozac contient 10 ou 20 mg de fluoxétine. Dans les conditions testées au laboratoire, plus l’exposition des bactéries à la molécule était importante, plus la vitesse des mutations de la bactérie augmentait : entre 5 et 100 mg/L de fluoxétine, les mutations permettant des résistances à des antibiotiques (amoxicilline, tétracycline et chloramphénicol) étaient de plus en plus fréquentes.
En plus de cela, la fluoxétine favorisait les multirésistances. Les chercheurs ont isolé et étudié les bactéries résistantes à au moins un antibiotique. Certaines étaient multirésistantes et résistaient à d’autres antibiotiques : fluoroquinolone, aminoglycoside, β-lactamines... D’après Jianhua Guo, un des auteurs de l’article paru dans Environment International, « cette découverte fournit des preuves solides que la fluoxétine provoque directement une résistance multi-antibiotique via une mutation génétique. »
Ces mêmes chercheurs avaient déjà trouvé que le triclosan, un perturbateur endocrinien que l’on peut trouver dans des dentifrices, des solutions antiseptiques, favorisait lui aussi la résistance aux antibiotiques. Le triclosan est un antimicrobien largement utilisé dans les produits de beauté et d’hygiène : déodorants, bains de bouche, crèmes hydratantes, gels douche... Si le triclosan est interdit aux Etats-Unis depuis 2016, il est toujours utilisé en Europe. Au niveau cellulaire, le triclosan produit un stress oxydatif qui accroît le risque de mutations. Les nouvelles mutations générées peuvent stimuler la production de bêta-lactamase (une protéine responsable de la résistance aux antibiotiques) et de pompes qui font sortir les antibiotiques de la cellule.
Ces recherches suggèrent donc que la prise inappropriée d’antibiotiques n’est pas le seul facteur qui favorise la résistance des bactéries : des molécules de l’environnement peuvent aussi jouer un rôle. D’autres travaux ont montré que le glyphosate favorise aussi l’émergence de bactéries résistantes.
Pour éviter (si possible) de prendre des médicaments antidépresseurs, testez des solutions naturelles, comme une alimentation qui agit favorablement sur l'humeur. Ainsi, un régime méditerranéen est plutôt protecteur contre la dépression.
Evitez les aliments pro-inflammatoires, sucres, produits à index glycémique élevé, et préférez une alimentation à index glycémique bas. Le sport est aussi un bon moyen de lutter contre la dépression, tout comme l’exposition au soleil, pour faire le plein de vitamine D.
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