Une molécule produite par le microbiote favoriserait le diabète de type 2

Par Juliette Pouyat Publié le 20/11/2020 Mis à jour le 23/11/2020
Actualité

Une mauvaise alimentation modifie le microbiote intestinal qui produit alors un composé contribuant au développement du diabète de type 2 d'après une étude récente.

Pourquoi c’est important

L’alimentation joue un rôle important dans la composition du microbiote intestinal. Les bactéries intestinales produisent à partir des aliments des métabolites qui influencent la santé de l’hôte. C’est le cas par exemple pour le diabète de type 2. Des études antérieures ont en effet rapporté que le diabète de type 2 serait lié à une modification de la composition des bactéries intestinales comme par exemple une représentation plus faible des bactéries productrices de butyrate, un acide gras à chaîne courte connu pour améliorer la sensibilité à l’insuline. Les études suggèrent ainsi que le microbiote intestinal peut directement impacter le développement du diabète de type 2.

Une équipe de chercheurs a récemment montré que l'altération du microbiote intestinal conduit à une modification du métabolisme de l'histidine (un acide aminé) ce qui entraîne une augmentation de la production d'un métabolite, le propionate d’imidazole. Or, ce composé altère le métabolisme du glucose et rend les cellules du corps résistantes à l'insuline. Dans une nouvelle étude parue dans la revue Nature Communications, la même équipe de chercheurs a évalué les niveaux sériques de propionate d’imidazole chez des personnes en prédiabète ou atteintes de diabète de type 2.

L’étude

Les chercheurs ont analysé les concentrations sériques de propionate d’imidazole chez 1990 participants venant de trois pays européens (France, Danemark, Allemagne). Les participants ont été séparés en 3 groupes : les personnes en bonne santé (groupe de contrôle), celles avec un prédiabète et enfin le groupe de participants souffrant de diabète de type 2.

Les niveaux sériques de propionate d’imidazole étaient significativement plus élevés chez les participants avec un diabète de type 2 par rapport au groupe de contrôle. Les niveaux d’imidazole propionate sont également augmentés en cas de prédiabète, suggérant le rôle de ce composé dans la progression de la maladie. De plus, le propionate d’imidazole est associé à des niveaux accrus de cytokines pro-inflammatoires.

Les chercheurs soulignent que les apports alimentaires en histidine sont identiques entre les trois groupes, ce sont donc les modifications du microbiote intestinal chez les personnes atteintes de diabète et de prédiabète qui augmentent les niveaux sériques de propionate d'imidazole. En revanche, de mauvaises habitudes alimentaires étaient associées à des niveaux sériques plus élevés de propionate d’imidazole.

Le microbiote, modifié par une mauvaise alimentation, peut contribuer au diabète de type 2 en générant du propionate d'imidazole qui module l'inflammation et le métabolisme de l'hôte.

En pratique

Cette étude montre que la population bactérienne intestinale modifiée par de mauvaises habitudes alimentaires favorise la production de métabolites – ici le propionate d’imidazole – qui contribuent à altérer le métabolisme du glucose et favrorisent le développement du diabète de type 2. Une alimentation saine, riche en fibres, va avoir l’effet opposé : elle va, par exemple, favoriser la production, par les bactéries intestinales, de métabolites qui protègent la fonction de production d’insuline des cellules bêta. Les céréales complètes, les légumineuses, les fruits et les légumes sont les principales sources de fibres et aident à rétablir l'équilibre du microbiote intestinal. Sachez également qu'une supplémentation en probiotiques constitue une aide supplémentaire pour contrôler la glycémie.  

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