Comment le microbiote intestinal participe à notre défense contre la COVID-19

Par Daniel Sincholle Publié le 05/10/2020 Mis à jour le 06/10/2020
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Une étude récente met en lumière le rôle des bifidobactéries dans la régulation de l'immunité. Voici ce qu'il faut savoir et comment enrichir son microbiote en bifidobactéries.
 

Le rôle des bifidobactéries dans l'immunité

Les bifidobactéries sont le groupe de bactéries le plus répandu dans le tube digestif des enfants en bonne santé et représentent encore chez l’adulte quelques pour cent des bactéries du microbiote intestinal. En effet, Bifidobacterium est un genre qui domine l'intestin des nourrissons nourris au sein, en bonne santé, alors qu'à l'âge adulte les taux sont plus faibles mais relativement stables.

Ceci pourrait être une des raisons qui fait que les personnes jeunes semblent moins sensibles à la Covid-19 que les adultes. Les bifidobactéries sont connues pour jouer un rôle important dans la formation et le maintien du système immunitaire. De plus en plus de preuves indiquent que leurs propriétés immuno-modulatrices sont liées aux composants cellulaires des bactéries et aux métabolites secrétés.

Comment fonctionne le système immunitaire en cas d'agression

En cas de danger, les cellules envoient un signal SOS qui, reçu par des cellules spécialisées va provoquer une réponse immunitaire. C’est le début d’une réaction inflammatoire destinée à nous protéger. Cet appel à l’action est transmis par des peptides spéciaux appelés cytokines. Il arrive que notre système immunitaire réagisse de manière disproportionnée et que la production de cytokines dépasse les besoins, alors peut se produire la fameuse tempête de cytokines. C’est cette réaction excessive, dangereuse et parfois mortelle que l’on observe dans les cas graves de Covid-19.

Pour en savoir plus, lire : Arrêtons de saboter notre immunité, de Thierry Souccar

Les bifidobactéries jouent-elles un rôle sur l'inflammation ?

Il est connu que certaines bactéries pathogènes savent parfaitement contourner notre système de protection en utilisant des protéines spéciales qui captent les cytokines et réduisent ainsi la réaction inflammatoire.
Jusqu’à récemment on ne savait pas si les bifidobactéries avaient un effet identique sur le processus inflammatoire. On en sait un peu plus depuis qu’une équipe de chercheurs russes a montré que la protéine FN3, une protéine de surface de Bifidobacterium longum bloque les cytokines (1).

Cette protéine présente deux fragments glucido-protéiques qui sont similaires aux récepteurs de cytokines que l’on rencontre chez les humains. Les chercheurs ont montré que le fragment FN3 est capable de se lier au TNF-α, un des principaux facteurs impliqués dans la tempête de cytokines. L’observation que des protéines de surface des bifidobactéries soient capables de reconnaître des cytokines spécifiques comme le TNF-α a conforté les chercheurs dans l’idée que ces bactéries sont capables de réguler la réponse immunitaire. Les biologistes pensent également que le fragment de FN3 de la bactérie, spécifique du TNF-α, pourrait, en le bloquant, réduire la phase d’inflammation incontrôlable et l’intensité de la tempête cytokinique qui affecte les patients COVID-19.

Lire aussi : Comment bien nourrir son microbiote pour une immunité au top

En pratique

Si rien n'est évidemment prouvé, l’étude suggère néanmoins de faire en sorte d’augmenter la population de notre microbiote en bifidobactéries.

Nous avons 2 façons d’y parvenir : prendre des bifidobactéries sous forme de compléments alimentaires, ou mieux : nourrir les bifidobacteries que nous hébergeons naturellement et en faciliter la croissance avec des prébiotiques comme l’inuline, pour laquelle il est démontré qu’elle favorise de manière sélective la croissance des bifidobactéries (par exemple, le produit Inolancil® du laboratoire Phytofrance qui contient également deux autres substances naturelles dont les propriétés prébiotiques ont été démontrées, le resvératrol et l’acide chlorogénique).

Il est aussi possible de mixer les deux solutions.

Pour en savpor plus, lire : Le nouveau guide des probiotiques

Références
  1. Dyakov IN, Mavletova DA, Chernyshova IN, et al. FN3 protein fragment containing two type III fibronectin domains from B. longum GT15 binds to human tumor necrosis factor alpha in vitro. Anaerobe. 2020;65:102247.

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