Tout savoir sur la maladie d'Alzheimer

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Dans ce dossier, vous retrouverez tout ce qu'il y a à savoir sur la maladie d'Alzheimer : symptômes, facteurs de risques, alimentation préventive et curative, traitements complémentaires, etc.

Sommaire

1
Qu’est-ce que la maladie d’Alzheimer?
2
Maladie d’Alzheimer : causes et facteurs de risque
3
Maladie d’Alzheimer : l’alimentation préventive
4
Maladie d’Alzheimer : que manger quand on est malade ? 
5
Maladie d’Alzheimer : les compléments alimentaires utiles
6
Maladie d’Alzheimer : les thérapies complémentaires 
1 Qu’est-ce que la maladie d’Alzheimer?

Comment la maladie d’Alzheimer se développe ? Qui touche-t-elle ? Quels sont ses symptômes ?

Par Marie-Charlotte Rivet Bonjean Publié le 04/05/2017 Mis à jour le 15/12/2017

La maladie d’Alzheimer est une maladie neurodégénérative progressive qui engendre des troubles des fonctions cognitives. Elle commence dans l’hippocampe, la partie du cerveau qui traite la mémoire à court terme. La maladie va engendrer une destruction des cellules neuronales progressive pour s’étendre aux autres parties du cerveau, ce qui entraine des troubles de la mémoire à long terme, des problèmes d’élocution.
Selon les critères du DSM-5 (manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, 5ème édition), « la maladie d'Alzheimer est un trouble neurocognitif léger (déficit cognitif léger) ou majeur (démence) caractérisé par un déclin de la mémoire et de la capacité d'apprentissage avec un début insidieux et une progression graduelle des symptômes cognitifs et comportementaux. »

Les symptômes de la maladie se déclarent généralement vers 65 ans. Dans moins de 2% des cas ils apparaissent plus tôt chez les personnes atteintes de la formes familiales héréditaires.
Entre 65 et 80 ans, 2 à 4 % de la population présente une maladie d'Alzheimer, puis ce chiffre augmente rapidement pour concerner à 80 ans 15% de la population. On compte environ 900 000 personnes touchées par cette maladie en France.
Cette maladie touche plus souvent les femmes que les hommes (60% de femmes contre 40%). Mais cette différence pourrait être liée à l’espérance de vie plus longue chez la femme.

Signes et symptômes

Dans les premiers signes de la maladie, on retrouve le plus souvent un trouble de la mémoire, mais aussi des troubles des fonctions exécutives (ne plus savoir utiliser son téléphone, ou oublier une recette qu'on maîtrisait), ou encore des troubles spatio-temporels.

  • Perte de mémoire à court terme

Difficultés à se rappeler de la journée précédente, d’évènements récents, des noms des nouvelles personnes rencontrées

  •  Troubles des fonctions exécutives

Difficultés à réaliser des tâches familières comme faire la cuisine, éteindre la télévision, utiliser le téléphone, prendre ses médicaments…

  •  Troubles spatio-temporels

Difficultés voire incapacité à retrouver son chemin, perte de la notion du temps (jour, mois, année, saison)

  • Troubles progressifs du langage (aphasie)

Difficulté à s’exprimer, trouver ses mots.

  • Troubles du mouvement (apraxie)

Difficulté à tenir un stylo, écrire, utiliser des objets courants comme la fourchette.

  • Troubles du comportement et de l’humeur

Anxiété, dépression, irritabilité, agressivité, délire.

  • Troubles du sommeil (insomnie)
  • Difficulté à suivre un raisonnement, une conversation
  • Perte progressive d’autonomie

Ces symptômes engendrent plusieurs risques :

  • Isolement
  • Perte d’appétit / oubli de s’alimenter ou la sensation de faim et de soif
  • Malnutrition
  • Difficulté à mastiquer, déglutir

Attention à ne pas confondre Alzheimer et trouble cognitif léger (TCL)

Comme les démences, les TCL affectent la mémoire, le langage, l’orientation, le raisonnement et la planification mais cela n’affecte pas la vie quotidienne. Les personnes atteintes vont souvent répéter la même question, mettre des objets aux mauvais endroits, mais elles restent autonomes et leurs fonctions cognitives sont préservées. Tant que la personne est autonome et peut réaliser des tâches quotidiennes, il ne faut pas s’inquiéter pour des oublis comme :
•    Un petit détail d’un événement
•    Ou l’emplacement d’un petit objet comme les clés
•    Des difficultés à se concentrer

 

 

2 Maladie d’Alzheimer : causes et facteurs de risque

Que se passe-t-il dans le cerveau lorsqu’on a la maladie d’Alzheimer ? Quels sont les facteurs environnementaux ou génétiques qui y prédisposent ?

Par Marie-Charlotte Rivet Bonjean Publié le 23/05/2017 Mis à jour le 15/12/2017

Les causes de la maladie d’Alzheimer ne sont pas encore pleinement comprises, mais on connaît les effets sur notre cerveau. Un cerveau touché par la maladie endommage et tue les neurones, il a beaucoup moins de cellules neuronales et de connexions entre elles qu’un cerveau sain.
Au fur et à mesure que les neurones meurent, la maladie d’Alzheimer va entraîner un rétrécissement important du cerveau.

Lorsque les médecins analysent au microscope le tissu cérébral touché par la maladie, ils remarquent deux types d’anomalies qui sont considérées comme caractéristiques de la maladie :

  • Les plaques amyloïdes. Ces plaques de ces protéines dites bêta-amyloïde  (ou séniles) ne sont pas spécifiques à Alzheimer. Il en apparaît aussi au cours du vieillissement cérébral normal, mais elles sont alors très peu nombreuses. Chez les patients Alzheimer et dans la trisomie 21, elles sont au contraire envahissantes. Ces plaques sont constituées d’un dépôt de substance amyloïde formée de faisceaux de filaments. Cette substance est très stable et très persistante.  Elle a d’ailleurs tendance à infiltrer la paroi de certains vaisseaux du cerveau, ce qui à la longue aggrave l’état des patients en diminuant l’apport d’oxygène et de substances indispensables aux cellules nerveuses. Cependant, on ignore si ces plaques amyloïdes sont la cause ou la conséquence de la maladie.
  • La dégénérescence neurofibrillaire. L’accumulation de plaque amyloïde engendrerait une augmentation de la synthèse de protéine TAU, qui causerait la dégénérescence neurofibrillaire. En temps normal, les protéines Tau sont indispensables à la cellule : elles lui permettent de fabriquer les structures qui transportent les messagers chimiques (neurotransmetteurs) vers les terminaisons nerveuses. Au cours de la maladie d'Alzheimer, une anomalie affecte la synthèse de ces protéines ; elles deviennent alors incapables d’assurer cette fonction de transport des messagers chimiques et s’accumulent au contraire sous la forme de filaments en hélice, ce qui finit par provoquer la mort des neurones. Ainsi, au fur et à mesure du développement de la maladie, on observe la mort de millions, puis de milliards de neurones, entraînant l'apparition progressive des troubles de mémoire et de la cognition, puis une démence. Ces phénomènes partent d'une défaillance de l’hippocampe (structure du cerveau qui s’occupe de la mémoire à court terme) qui en s'étendant provoquerait la mort cellulaire.

Même si on ne connaît pas concrètement les causes de la maladie, plusieurs facteurs de risque entrent en jeu :

  • L’âge : l’incidence augmente après 65 ans et est plus forte après 80 ans.
  • Le sexe : les femmes sont plus susceptibles d’être touchées après 80 ans que les hommes.
  • Les gènes : on ne connaît pas encore très bien tous les gènes liés à la maladie d’Alzheimer, mais on sait que les personnes ayant un membre de leur famille touché ont un risque environ 10 à 30% plus élevé que le reste de la population d’être atteintes. L’ApoE est une structure à base de protéines, qui sert de transporteur au cholestérol et à d’autres graisses ou à des molécules qui ont une affinité pour les corps gras comme la vitamine E. Il existe plusieurs ApoE dans la population. La plus répandue (60% de la population environ), l’ApoE3 est neutre vis-à-vis de la maladie d’Alzheimer. En revanche, les personnes porteuses du gène ApoE2 semblent avoir moins de risque de déclarer la maladie. A l’inverse, les personnes qui portent l’ApoE4, soit 10 à 20% de la population ont un risque plus élevé. Cependant, ce n’est pas très utile de déterminer quel type d’ApoE on porte car toutes les personnes ayant cette forme génétique ne développent pas une maladie d'Azheimer, et aussi parce qu’il existe des moyens de compenser cette faiblesse.
  • La forme familiale héréditaire : si un parent est atteint de cette forme d’Alzheimer, les risques d’être touché sont d’environ 50%.
  • Les facteurs environnementaux :
    • L’hypertension artérielle
    • Le diabète
    • Les dyslipidémies
    • L’obésité
    • Les polluants : sont soupçonnés notamment des pesticides (DDT), des nitrosamines, l'aluminium, la pollution atmosphérique

Si ces facteurs environnementaux ne sont pas ou mal pris en charge à l’âge moyen (40-50 ans) les risques d’être atteint sont plus importants.

  • Autres facteurs environnementaux :
    • Microtraumatismes crâniens : risque accru chez les sportifs (surtout chez les boxers)
    • Anesthésies répétées
    • Tabagisme
    • Sédentarité
    • Antécédents de dépression
3 Maladie d’Alzheimer : l’alimentation préventive

L’alimentation joue un rôle dans la prévention de la maladie d’Alzheimer. Voici la liste des aliments à privilégier et à éviter pour prévenir de cette pathologie. 

Par Marie-Charlotte Rivet Bonjean Publié le 08/06/2017 Mis à jour le 15/12/2017

La maladie d’Alzheimer survient généralement après 65 ans. Elle touche environ 900 000 personnes en France et on compte 225 000 nouveaux cas par an. On ne connaît pas exactement l’origine de cette maladie, mais on sait que l’âge est le premier facteur de risque. 
Néanmoins, d’autres facteurs modifiables favorisent l’apparition de cette pathologie comme l’hypertension, le diabète, l’obésité et la sédentarité. L’alimentation pourrait ralentir l’apparition des premiers symptômes. 
D’après certaines études, une alimentation qui mélange régimes méditerranéen et DASH (approche diététique contre l’hypertension) serait un bon moyen de retarder la maladie. Ce régime a été baptisé MIND. [1] Voici les recommandations nutritionnelles du régime MIND pour repousser le début de la maladie. 

2 à 3 portions de poisson et / ou fruits de mer par semaine


La consommation de poisson est le premier élément de ce régime. Si les études parlent de l’aspect bénéfique de cette catégorie d’aliments pour la mémoire ce n’est pas pour rien !
Les poissons présentent un rapport oméga-6/oméga-3 très favorable et, notamment pour les poissons gras, des teneurs en oméga-3 à longues chaînes appréciables et surtout sous forme de DHA (acide docosahexaénoïque). Ces acides gras ont un effet anti-inflammatoire ainsi que des propriétés vasculaires qui aident le cerveau à se protéger des démences. 

Il est recommandé de manger 1 fois par semaine un poisson gras et 1 à 2 fois des poissons maigres. [2] [3]

  • Poissons gras : sardine, hareng, saumon, truite, anchois …
  • Poissons maigres : cabillaud, colin, lotte, dorade, merlan, morue, rouget, sole …

Légumes à volonté ! 

Les légumes sont une des bases de l’alimentation méditerranéenne. Dans MIND, ce sont plus particulièrement les légumes verts qui sont à l’honneur : salade, blettes, choux, brocoli, épinards, etc. Ils sont riches en vitamines et antioxydants qui protègent le cerveau du vieillissement. 
2 portions par semaine est un bon début pour ceux qui ne sont pas habitués, mais l’idéal est 6 portions par semaine. [4]

2 fruits par jour minimum

Les fruits ont une place entière dans le régime méditerranéen. Seuls, en salade ou en compote, ils représentent une source de vitamines et minéraux qui préviennent la maladie d'Alzheimer. [5] Mais certains sont plus protecteurs que d’autres comme la grenade, la fraise et le raisin rouge ! 
La grenade contient une molécule nommée ellagitinine, qui, par le biais de la flore intestinale se transformerait en urolithine qui a un effet neuro-protecteur et anti-inflammatoire. [6] La fraise est riche en fisétine, un flavonoïde qui aide à limiter la perte de mémoire. [7] Quant au raisin, il contient un antioxydant nommé resvératrol qui prévient les symptômes de la maladie.
Il ne faut surtout pas oublier les baies ! Il est recommandé d’en consommer 2 fois par semaine pour prévenir la maladie d’Alzheimer grâce à leurs hautes teneurs en vitamines et minéraux. 

5 portions de noix et graines par semaine 

Les noix et graines sont riches en bons gras, en oméga-3 pour certaines, en antioxydants sous forme de flavonoïdes, d’acide ellagique, de mélatonine, de vitamine E, de sélénium et d’acide alpha-linoléique (ALA). 
Ce cocktail de molécules pourrait prévenir de la maladie d’Alzheimer grâce à ses effets anti-inflammatoires ! [8]
Noix, noisettes, pistaches, amandes, graines de lin et de chia, etc. doivent être consommées à raison de 30 g 5 fois par semaine environ.

L’huile d’olive pour la cuisson et l’assaisonnement

D’après certaines études l’huile d’olive jouerait un rôle important dans la prévention de cette démence. C’est une de ses molécules, l’oléocanthal, qui aurait un effet neuroprotecteur en facilitant l’expulsion des plaques bêta-amyloïdes, responsables en partie de la maladie. [9]
Il est recommandé d’utiliser l’huile d’olive pour la cuisson des aliments et pour l’assaisonnement des salades. Pour les cuissons haute température (pas recommandées mais qui peuvent être exceptionnelles), utilisez plutôt l’huile de coco (désodorisée si besoin).

1 verre de vin par jour 

Dans le régime méditerranéen, le verre d’alcool pendant le repas a sa place ! D’après quelques études, boire 1 à 2 verres de vin par jour serait bénéfique pour la mémoire et pour les fonctions cognitives et donc réduirait le risque de maladie d’Alzheimer. [10]

Les aliments à éviter : ceux riches en acides gras trans et saturés

À trop hautes doses, acides gras trans et saturés peuvent fragiliser les vaisseaux. Or pour limiter l’apparition des premiers symptômes de la maladie, il faut prendre soin du système vasculaire. Le régime MIND préconise de limiter ces aliments.
On peut trouver ces acides gras dans la viande rouge, les charcuteries, les fromages, le beurre, les viennoiseries, les bonbons, les fritures, les produits industriels, les fast-foods.

  • Pour les viandes rouges il est conseillé de ne pas dépasser 4 portions par semaine, mais il est préférable de se limiter à 2 portions hebdomadaires et de privilégier plutôt les viandes blanches, les œufs sans oublier le poisson qui est un élément-clé de ce régime !
  • Pour le fromage il est conseillé de consommer 1 à 2 fois maximum par semaine une portion d’environ 30 g. 
  • Pour le beurre et la margarine ne pas dépasser les 10 g par jour, mais il est préférable de les remplacer par l’huile d’olive.
  • Pour les viennoiseries et les bonbons, il est conseillé de ne pas dépasser 5 portions par semaine mais ils ne sont pas bons pour le cerveau, donc s’il est possible de les limiter encore plus votre cerveau vous remerciera. 
  • Et pour les produits industriels et les fast-foods, 1 portion par semaine est un maximum.

Références

[1] MIND diet associated with reduced incidence of Alzheimer's disease/ Martha Clare Morris Correspondence information about the author Martha Clare Morris Email the author Martha Clare Morris, Christy C. Tangney, Yamin Wang, Frank M. Sacks, David A. Bennett, Neelum T. Aggarwal /February 11, 2015

[2] Omega-3 fatty acids intake and risks of dementia and Alzheimer's disease: a meta-analysis./ Wu S1, Ding Y2, Wu F3, Li R1, Hou J4, Mao P5./ Neurosci Biobehav Rev. 2015 Jan

[3] Docosahexaenoic Acid and Cognition /Weiser MJ, Butt CM, Mohajeri MH./ throughout the Lifespan. Nutrients. 2016 Feb 17;8(2):99. doi: 10.3390/nu8020099.

[4] Vitamin E for Alzheimer's dementia and mild cognitive impairment./ Farina N1, Llewellyn D2, Isaac MG3, Tabet N1./ Cochrane Database Syst Rev. 2017 Jan 27

[5] Ascorbic acid ameliorates behavioural deficits and neuropathological alterations in rat model of Alzheimer's disease./ Olajide OJ1, Yawson EO2, Gbadamosi IT2, Arogundade TT2, Lambe E2, Obasi K2, Lawal IT2, Ibrahim A2, Ogunrinola KY2./ Environ Toxicol Pharmacol. 2017 Mar

[6] Pomegranate's Neuroprotective Effects against Alzheimer's Disease Are Mediated by Urolithins, Its Ellagitannin-Gut Microbial Derived Metabolites./ Yuan T, Ma H, Liu W, Niesen DB, Shah N, Crews R, Rose KN, Vattem DA, Seeram NP./ ACS Chem Neurosci. 2015 Nov 17.

[7] Modulation of p25 and inflammatory pathways by fisetin maintains cognitive function in Alzheimer's disease transgenic mice./ Currais, A., Prior, M., Dargusch, R., Armando, A., Ehren, J., Schubert, D., Quehenberger, O. and Maher, P. /(2013), Aging Cell. doi: 10.1111/acel.12185

[8] Dietary Supplementation of Walnuts Improves Memory Deficits and Learning Skills in Transgenic Mouse Model of Alzheimer's Disease. / Abha Chauhan, PhD et al. / Journal of Alzheimer's Disease, Volume 42, Number 4 / 2014 DOI: 10.3233/JAD-140675

[9] Olive-Oil-Derived Oleocanthal Enhances β-Amyloid Clearance as a Potential Neuroprotective Mechanism against Alzheimer’s Disease: In Vitro and in Vivo Studies / Alaa H. Abuznait, Hisham Qosa, Belnaser A. Busnena, Khalid A. El Sayed, and Amal Kaddoumi*/ ACS Chem. Neurosci., 2013, 4 (6), pp 973–982
http://pubs.acs.org/doi/abs/10.1021/cn400024q

[10] Alcohol consumption and risk of dementia: the Rotterdam Study./ Ruitenberg A1, van Swieten JC, Witteman JC, Mehta KM, van Duijn CM, Hofman A, Breteler MM./ Lancet. 2002 Jan 26

4 Maladie d’Alzheimer : que manger quand on est malade ? 

Même si aucune alimentation n'a rigoureusement démontré des bénéfices pour ralentir ou stopper la maladie d'Alzheimer une fois déclarée, il existe néanmoins quelques pistes prometteuses à suivre, en complément des médicaments.

Par Marie-Charlotte Rivet Bonjean Publié le 20/06/2017 Mis à jour le 15/12/2017

Adopter une diète cétogène 

Un des mécanismes de la maladie réside dans l’incapacité des cellules nerveuses à bien utiliser le sucre. Sauf que normalement les neurones sont dits glucodépendants (dépendants au sucre), le sucre étant leur première source énergétique. Mais si les neurones ne peuvent plus utiliser correctement le sucre, alors ces cellules ne peuvent plus fonctionner correctement et donc meurent. Certains chercheurs parlent de diabète du cerveau pour désigner la maladie d’Alzheimer.
Heureusement les cellules nerveuses peuvent également utiliser comme source énergétique les cétones. Ce sont des substances naturelles issues du métabolisme des graisses, lorsqu’on absorbe très peu de glucides. C’est là qu’entre en scène le régime cétogène. Régime thérapeutique depuis plus de 100 ans, cette alimentation était utilisée à l’origine pour soigner l’épilepsie réfractaire. Depuis quelques années, médecins et chercheurs se sont à nouveau intéressés au régime cétogène et ont pu constater un ralentissement voire un arrêt de l’évolution de la maladie grâce à cette alimentation.

En pratique

Régime très pauvre en glucides, le régime cétogène correspond à une répartition calorique surprenante : 90% de lipides, 8% de protéines et 2% de glucides (contre 35% de lipides, 15% de protéines, 45% de glucides dans une alimentation classique). C’est la conjonction d’un apport très important en graisses et de la quasi absence de glucides qui permet au corps de fabriquer des cétones.
Pour l’aider à synthétiser des cétones, il est fortement conseillé d’utiliser de l’huile de coco. Très riche en acide laurique (acide gras saturé à chaîne moyenne), cette huile est facilement métabolisée par le foie en cétones.
Mais passer à ce type d’alimentation ne doit pas se faire à la légère. L’intervention d’un(e) diététicien(ne) est souvent nécessaire pour éviter les carences ainsi que pour être sûr d’atteindre la cétose grâce à des apports adéquats en graisse, protéines et glucides. 

Privilégier certains lipides 

Le cerveau est l’organe le plus riche en lipides. Ils y jouent un rôle central pour son développement, au niveau des membranes des cellules nerveuses et dans la fabrication et la libération des neurotransmetteurs (messagers chimiques). Sans surprise, les graisses que nous mangeons ont donc une influence sur la santé du cerveau.

Le DHA

Selon une étude espagnole de 2017, le DHA (acide docosahexaénoïque) de la famille des oméga-3 pourrait aider à ralentir la perte de mémoire et d’apprentissage due à l’âge (1).
On trouve le DHA dans les poissons gras tels que la sardine, le maquereau, le thon ou encore le saumon. 

En pratique

LaNutrition.fr recommande de manger 2 à 3 portions de poisson ou fruits de mer par semaine. Une portion correspondant à 100 g de sardines ou 6 huîtres ou 150 g de cabillaud.

L’huile de coco

Les triglycérides de l’huile de coco ont un effet bénéfique sur le cerveau. Ces triglycérides sont facilement absorbés et vont directement dans le foie pour être métabolisé en cétones. 
Comme l’explique le Dr Mary Newport, le simple fait de rajouter de l’huile de coco dans l’alimentation de son mari, atteint de la maladie, a permis d’améliorer les symptômes d’une manière significative, et ce n’est pas le seul à avoir constaté cet effet. 

En pratique

A raison de 2 à 3 cuillères à soupe d'huile de coco par jour, on peut voir des effets bénéfiques. 
Vous pouvez en mettre dans une boisson chaude le matin, dans un potage, cuisiner les repas avec elle. Cette huile est facile à utiliser à la place du beurre ou de l’huile habituelle. 
Il est préférable d’utiliser une huile vierge issue d’une pression à froid et bio, mais pour les personnes qui sont incommodées par son odeur, il en existe des désodorisées (de manière à garder ses propriétés). 

Miser sur les polyphénols naturels 

Une étude a énoncé le fort potentiel de certaines molécules pour limiter l’évolution de la maladie. 
Le curcuma renferme de la curcumine qui limiterait l’évolution de la maladie grâce à son effet anti-inflammatoire et antioxydant. Pour mieux l'assimiler, il est conseillé de le consommer avec des graisses telles que l’huile de coco ou d’olive et du poivre. Mais malgré ces précautions, sa biodisponibilité est limitée. Pour contourner ce problème il existe des compléments alimentaires qui renferment du curcuma à des doses plus élevées que les doses alimentaires. (2)

Polyphénol présent dans certains aliments comme le vin rouge, le chocolat noir, les framboises et les raisins rouges, le resvératrol agirait directement sur le système nerveux. Grâce à ses propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes, il réduit le stress oxydatif et limite ainsi la mort cellulaire. Mais comme le curcuma, sa biodisponibilité est limitée, mais il existe des compléments pour une meilleure absorption. (2)

L'épigallocatéchine gallate est un polyphénol présent dans les divers thés (vert, noir et blanc). C’est un antioxydant puissant qui limite le stress oxydatif dans le cerveau et donc la mort cellulaire. Certaines études ont montré que ce polyphénol pourrait interrompre ou ralentir les réactions inflammatoires liées à la maladie. (2)
Boire du thé (sans sucre) pourrait donc participer à ralentir la maladie d’Alzheimer.

Références

Maladie D’Alzheimer Et s’il y avait un traitement / Dr Michèle Serrand / 2014

(1) Mohaibes RJ1, Fiol-deRoque MA1, Torres M2, Ordinas M1, López DJ2, Castro JA3, Escribá PV4, Busquets X5.The hydroxylated form of docosahexaenoic acid (DHA-H) modifies the brain lipid composition in a model of Alzheimer's disease, improving behavioral motor function and survival. / Biochim Biophys Acta. 2017 Mar 9
(2)Green tea polyphenols and their potential role in health and disease. / Afzal M1, Safer AM, Menon M. / Inflammopharmacology. 2015 Aug;23 
 

5 Maladie d’Alzheimer : les compléments alimentaires utiles

Pour renforcer l'action (assez limitée) des médicaments anti-Alzheimer ou d'une alimentation adaptée, on peut recourir à certains compléments alimentaires qui ont fait leurs preuves dans l'amélioration des fonctions cognitives. Voici ceux à privilégier et les doses efficaces.

Par Marie-Charlotte Rivet Bonjean Publié le 21/06/2017 Mis à jour le 15/12/2017

La glycérophosphocholine ou GPC 

On sait que dans la maladie d’Alzheimer, le taux d’acétylcholine (neurotransmetteur essentiel à l’apprentissage et à la mémoire) est diminué car il y a moins d'enzyme pour la fabriquer. La GPC va aider le cerveau à produire de l’acétylcholine. Certaine études (sur des animaux et l’homme) ont permis de constater que la GPC améliore les fonctions cognitives au niveau de la mémoire et de l’...

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6 Maladie d’Alzheimer : les thérapies complémentaires 

Les médicaments contre Alzheimer étant peu efficaces, certaines structures ont mis en place des thérapies alternatives pour stimuler les patients, et cela semble marcher. 
 

Par Marie-Charlotte Rivet Bonjean Publié le 27/06/2017 Mis à jour le 15/12/2017

Grâce à ces thérapies encore non validées scientifiquement, les patients voient certains de leurs symptômes réduits et la maladie évoluer moins vite. 

La zoothérapie 

De plus en plus d’établissements hospitaliers pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) utilisent la zoothérapie en plus des protocoles de soins classiques.
Nommée aussi « thérapie assistée par animal », c’est un programme structuré de jeu ludique assisté par des chiens, des oiseaux, des lapins, des tortues et bien d’autres (en fonction du thérapeute et de la structure de soins).
Cette thérapie n’a pas été validée scientifiquement, mais les soignants ont pu remarquer de réels bénéfices chez les patients. Elle a ainsi le don d’apaiser les patients qui sont souvent agités, l’animal détendant le patient, le rassurant et lui donnant un sentiment de sécurité. Elle va aussi stimuler ses sens, ses émotions, ses souvenirs ainsi que la communication.

L’aromathérapie 

Le recours aux huiles essentielles permet de stimuler la mémoire olfactive et de rassurer le malade.
Les odeurs favorisent les connexions neuronales ce qui va permettre au patient de retrouver des souvenirs lointains et de stimuler sa cognition. 

L’art-thérapie 

L’art-thérapie peut permettre au patient d’améliorer son état dépressif, anxieux, d’améliorer son attention, sa sociabilisation, sa communication ainsi que son état psychique en général. 
Pour créer, le malade doit faire des choix (couleur, outil, support…). Ces petits choix augmentent le travail cognitif et l’estime de soi ainsi que l’autonomie.
A travers cet atelier le patient peut devenir acteur et non spectateur de ce qui se passe autour de lui, et affirmer de nouveau son identité.

La musicothérapie 

La musique détend, apaise mais pas seulement : elle permettrait aussi de faire resurgir des souvenirs plus ou moins anciens. D’après une étude du Journal of Alzheimer’s Disease (http://www.j-alz.com/) elle pourrait freiner la dégradation du cerveau. 
Elle permettrait également de diminuer des symptômes dépressifs chez certains patients. 
Les malades qui étaient musiciens savent parfois encore utiliser leurs instruments alors qu’ils ne communiquent plus avec leur entourage.
Si cette thérapie n’a pas été testée scientifiquement, de plus en plus d’EHPAD l’utilisent et constatent des améliorations chez les patients. 

Le jardin thérapeutique 

Dans les jardins thérapeutiques, les patients peuvent retrouver des petits gestes, des textures, des odeurs qui font remonter des souvenirs. C’est également un moment de partage, d’échange, de communication. 
L’objectif premier de cette thérapie est de stimuler les fonctions cognitives dans tous les sens pour limiter la progression de la pathologie. 
Mais les malades ne font pas que du jardinage : les thérapeutes mettent en place des exercices complémentaires et ludiques pour les stimuler en fonction d’objectifs personnalisés. 

L’atelier autobiographique 

Dans cette maladie c’est la mémoire à court terme qui est touchée en premier. Il est donc important de faire travailler tous les aspects de la mémoire pour limiter la progression de la maladie.
Cet atelier a pour but d’immortaliser l’histoire du patient : il va devoir écrire et réécrire son histoire. En plus de faire travailler la mémoire, les malades reprennent leur histoire pour se la réapproprier. Autre bénéfice : cela fait plaisir au patient d’entendre son histoire, savoir qu’on parle de lui, et lui permet de renforcer son sentiment d’existence. 

 

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