Les liens étroits entre santé mentale et santé cardiovasculaire quantifiés par une étude de synthèse

Par Juliette Pouyat Publié le 02/02/2021 Mis à jour le 05/02/2021
Actualité

Les personnes qui souffrent de troubles mentaux (dépression, anxiété, stress…) ont un risque cardiovasculaire accru. À l’inverse, bonheur, bien-être, et optimisme, diminuent ce risque.  

Pourquoi c’est important

Lorsque l’on évoque les maladies cardiovasculaires, ce sont souvent les mêmes facteurs de risque que l’on cite : le surpoids, l’hypertension, le syndrome métabolique… Pour déterminer le risque cardiovasculaire, c’est donc généralement la condition physique qui est prise en compte. L’impact de la santé psychologique sur le risque de maladies cardiovasculaires est bien souvent mis de côté.

Le rôle (positif ou négatif selon les cas) que peut jouer la santé mentale sur la santé cardiovasculaire suscite pourtant de plus en plus d’intérêt. La santé psychologique négative englobe la dépression, le stress chronique, l’anxiété, la colère, le pessimisme, et le mécontentement face à sa propre vie. À l'inverse, la santé psychologique positive peut être caractérisée par un sentiment d'optimisme, une raison d’être et des objectifs à atteindre, la gratitude, la résilience, l’affect positif et le bonheur.

Dans un article paru dans la revue Circulation, l'association des cardiologues américains a évalué et synthétisé l’état des connaissances sur l’association entre la santé mentale et la santé cardiovasculaire.

Ce que dit l’étude

Les auteurs de l’article ont réalisé une revue bibliographique des études menées sur l’impact de la santé mentale (qu'elle soit bonne ou mauvaise) sur le risque cardiovasculaire. Leurs résultats montrent clairement que les facteurs psychologiques négatifs, certains traits de personnalité et les troubles de santé mentale peuvent affecter la santé cardiovasculaire.

Le stress : qu’il provienne d’expériences stressantes dans la vie quotidienne (travail, difficultés financières, vie sociale médiocre…) ou d’un traumatisme, le stress augmente clairement le risque de maladie cardiovasculaire, d'après les études. Par exemple, le stress lié au travail peut augmenter de 40% le risque cardiovasculaire. Les personnes qui se sentent stressées ont un risque de maladie coronarienne accru de 27%.

La colère et l’hostilité : le fait de ressentir de la colère et d’avoir tendance à la rumination est associée à une augmentation de la fréquence cardiaque et de la pression artérielle. Le risque d’évènement cardiovasculaire augmente significativement dans les deux heures qui suivent une explosion de colère. La colère chronique et l’hostilité augmentent de 19% de le risque de maladie coronarienne.

L’anxiété : elle peut être définie comme « une émotion caractérisée par des sentiments de tension, des pensées inquiètes et des changements physiques comme une augmentation de la tension artérielle ». Lorsqu’ elle est présente de manière persistante, on parle de trouble anxieux généralisé. Dans une étude regroupant plus de 2 millions de participants, l’anxiété a été associée à une augmentation du risque de mortalité cardiovasculaire, d’accident vasculaire cérébral et d'insuffisance cardiaque de 41%, 71% et 35% respectivement.

La dépression : de nombreuses études ont montré que le fait de souffrir de dépression augmentait le risque de développer une maladie cardiovasculaire et d’en mourir. Une méta-analyse regroupant les données de 30 études et incluant plus de 890 000 participants a montré que la dépression augmentait de 30% le risque d’infarctus du myocarde et de maladie coronarienne. Une autre méta-analyse avec près de 400 000 participants rapporte quant à elle une augmentation de 40% du risque d’accident vasculaire cérébral chez les personnes qui souffrent de dépression.

Le pessimisme : le pessimisme est une tendance à attendre toujours des résultats négatifs ou à expliquer négativement les choses. Les personnes pessimistes doublent leur risque de mourir de maladie coronarienne par rapport à celles qui n’ont pas ce trait de caractère.

À l’inverse, une bonne santé mentale, caractérisée par la présence de facteurs psychologiques positifs tels que le bonheur, l'optimisme, la satisfaction dans la vie, le bien-être et la pleine conscience permettent d’améliorer la santé cardiovasculaire.

L’optimisme : caractérisé par un sentiment d’espoir et de confiance que les choses se passeront bien dans l’avenir, il est associé à un mode de vie plus sain et à une meilleure santé cardiovasculaire. Les personnes qui ont un état d’esprit optimiste ont un risque plus faible d’AVC, d’insuffisance cardiaque et de mortalité toutes causes. Dans une méta-analyse regroupant plus de 220 000 participants, les personnes qui étaient le plus optimistes avaient 35% de risque en moins de développer une maladie cardiovasculaire.

Bonheur et état d’esprit positif : les personnes ayant un affect positif ont 22% de risque en moins de développer une maladie coronarienne. Cet état d’esprit positif est également un atout car il ralentit la progression de la maladie chez les personnes « à risque » (diabète, syndrome métabolique). Un affect positif réduit le risque de mortalité de 13% sur 10 ans chez des patients diabétiques.

Pleine conscience : la pleine conscience peut être définie comme la capacité à s’ouvrir à l’instant présent, en laissant venir ses émotions, sans jugement et avec bienveillance. Il existe peu d’études sur l’association entre pleine conscience et risque cardiovasculaire cependant, il semblerait que la pleine conscience « cultivée » par la méditation ait un effet bénéfique sur certains facteurs de risque, comme l’hypertension par exemple.  

En pratique

L’article met en lumière la connexion esprit-cœur-corps. La santé mentale impacte à la fois des processus biologiques et des comportements qui sont associés au risque cardiovasculaire. Améliorer la santé mentale peut donc avoir un impact sur le risque cardiovasculaire, notamment en modifiant certains comportements (tabagisme, consommation d'alcool, sédentarité...).

Pour les personnes qui souffrent de dépression, d’anxiété, de stress, il existe des techniques naturelles qui peuvent soulager ces troubles : les thérapies comportementales et cognitives (TCC), la psychologie positive, la méditation, le yoga

Selon les neurosciences, le bien-être émotionnel est une compétence qu'il est possible de développer. Il apparaît important que lors des consultations médicales, le médecin évalue la santé psychologique de son patient et propose si besoin des techniques pour l'améliorer.

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