L'alimentation anti-reflux

Par Priscille Tremblais Publié le 06/02/2018 Mis à jour le 07/02/2018
Conseils

Vous souffrez de brûlures d'estomac ? Voici les changements alimentaires qui ont un impact sur le reflux, d’après les études scientifiques.

Vous êtes pressé ? Le résumé en images

Selon le Dr Cotinat, gastro-entérologue et auteure de Petits plats savoureux contre le reflux, « le traitement nutritionnel est de loin le plus efficace et le plus complet des traitements du reflux gastro-oesophagien ». L'alimentation anti-reflux vise à la fois à limiter les agresseurs (stress oxydant, stress psychologique, inflammation…), d’autre part, à améliorer les défenses du corps (salivation, barrière anti-reflux, potentiel antioxydant et anti-inflammatoire). Plus le reflux est pris tôt, et plus les lésions seront rapidement réversibles à l'aide de mesures nutritionnelles légères. En revanche, si vous souffrez de reflux depuis plusieurs années, vous aurez probablement besoin de changements alimentaires plus stricts.

Lire aussi : Reflux et brûlures d'estomac : les nouveaux risques des médicaments anti-reflux (IPP)

Voici des mesures diététiques à prendre en cas de reflux, assorties du conseil du Dr Cotinat : « Je vous suggère de commencer par augmenter largement les aliments protecteurs. Tentez ensuite de diminuer, voire supprimer, quelques aliments au profit d’autres. Puis, tranquillement, réajustez les consignes de manière à vous approprier votre nouvelle alimentation en gardant le plaisir et la convivialité. »

Mesure n°1 : manger plus d'aliments protecteurs

La consommation de fruits et de légumes est associée à un risque moindre de reflux gastro-oesophagien (RGO). Mais en cas de reflux, manger des végétaux aide aussi l’œsophage à résister à l'acide. Ce sont des aliments riches en antioxydants, en fibres, en vitamines, en minéraux alcalinisants, ce qui explique ces effets protecteurs.

En pratique

  • Manger des légumes à chaque repas (à hauteur d'au moins la moitié de l'assiette). A consommer crus et cuits, et en variant les couleurs, tout en favorisant les plus colorés pour davantage d’antioxydants.
  • Manger quotidiennement des céréales complètes bio et/ou des légumineuses (lentilles, haricots, pois chiches…) et des oléagineux non grillés, non salés, surtout en cas de problème de constipation.
  • Consommer les fruits de préférence en dehors des repas, et privilégiant autant que possible les petits fruits colorés (mûres, framboises, fraises, myrtilles, cassis…).

Mesure n°2 : favoriser une bonne salivation

La sécrétion de salive est un des indicateurs de la santé de la paroi de l’œsophage et la salive contient par ailleurs des composés protecteurs pour cette paroi. Favoriser la sécrétion de salive pourrait donc protéger du RGO et de ses complications. Deux solutions : bien boire, mastiquer plus.

En pratique

  • Supprimer les eaux gazeuses et les sodas qui provoquent une distension de l’estomac et du reflux.
  • Ne pas boire d’alcool (ou alors très occasionnellement et toujours avec modération) car l’alcool aggrave plusieurs symptômes du reflux (lire mesure n°3). Concernant le café et le thé, les études sont contradictoires.
  • Boire de l’eau plate ou des tisanes semble le meilleur choix. 
  • Pour mastiquer plus, privilégier les aliments durs (crudités par exemple) et mâcher des chewing-gums (pas trop longtemps, ni trop souvent).

Lire aussi : Reflux : les substances naturelles qui soulagent

Mesure n°3 : limiter les aliments agresseurs

Manger des aliments d’origine animale semble aggraver les symptômes d’un reflux tandis qu’une alimentation grasse augmente le risque d’en développer un. La consommation d’aliments en conserve ou en canette est, quant à elle, associée à certains symptômes du RGO comme la dyspepsie. 
Consommer des aliments acides comme les agrumes ou les tomates semble aussi lié au RGO.
Le chocolat est souvent accusé d’augmenter le reflux mais aucune étude n’a démontré qu’arrêter d’en manger entraînait un bénéfice.
Chez certains patients souffrant aussi de maladie inflammatoire de l’intestin, l’adoption d’une alimentation sans gluten a permis d’améliorer aussi les symptômes du reflux.

En pratique

  • Adopter une alimentation riche en végétaux (non acides) et pauvre en viandes, avec le moins d’aliments ultra-transformés possible, et le moins de gluten possible peut aider contre le reflux.
  • Notez que le régime méditerranéen (riche en végétaux, poisson, huile d’olive et pauvre en viande rouge et charcuteries) a été associé à une diminution du risque de RGO.

Deux modifications bénéfiques : arrêter le tabac et mincir
Chez les patients fumeurs souffrant de RGO, arrêter la cigarette permet à la fois d’améliorer les symptômes du reflux et la qualité de vie globale.
Les personnes en surpoids ou obèses ont plus de risque de RGO que celles ayant un poids normal. La bonne nouvelle c’est qu’une perte de poids de 10% est associée à une réduction importante des brûlures d’estomac, régurgitation et douleurs de poitrine.

Lire aussi : notre dossier complet sur le reflux

Mesure n°4 : manger plus souvent et pas trop tard le soir

Ne pas surcharger son estomac peut être utile contre le reflux. Pour cela, on peut fractionner sa prise alimentaire en 5-6 repas au lieu des trois habituels. Mais l’habitude la plus importante à prendre est de manger au moins deux heures avant de se coucher le soir et de ne pas prendre de collation après le repas. En effet, les repas tardifs du soir sont associés à une exposition plus longue à l’acidité et à des nuit plus courtes (or un sommeil insuffisant est lié à des symptômes de RGO plus importants).

En pratique

  • Manger à19-20 h si vous vous couchez après 22 h est une bonne idée.
  • Ne pas grignoter devant la télé ou l’ordinateur après le repas.
  • Dormir avec le haut du lit incliné vers le haut est associé avec des reflux moins graves et moins longs.

Pour en savoir plus et surtout bénéficier de l’expérience d’une gastro-entérologue qui a suivi des milliers de patients depuis une trentaine d’années, lire Soigner le reflux naturellement et Petits plats savoureux contre le reflux.

Sources

Sethi, Sajiv; Richter, Joel E.Diet and gastroesophageal reflux disease: role in pathogenesis and management. Current Opinion in Gastroenterology: March 2017 - Volume 33 - Issue 2 - p 107–111.

Ammar Hassanzadeh Keshteli, Pouria Shaabani, Seyed-Reza Tabibian, Parvane Saneei, Ahmad Esmaillzadeh, Peyman Adibi : The relationship between fruit and vegetable intake with gastroesophageal reflux disease in Iranian adults. J Res Med Sci. 2017; 22: 125.

Nachman F, Vazquez H, Gonzalez A, et al. Gastroesophageal reflux symptoms in patients with celiac disease and the effects of a gluten-free diet. Clin Gastroenterol Hepatol 2011; 9:214–219.

Harathi Yandrapu, Marek Marcinkiewicz, Irene Sarosiek, Jerzy Sarosiek, M : The Role of Saliva in Esophageal Defense: Implications in Patients With Nonerosive Reflux Disease. American Journal of the Medical Sciences, Volume 349, Number 5, Pages 385–391, May 2015.

Mone I, Kraja B, Bregu A, et al. Adherence to a predominantly Mediterranean diet decreases the risk of gastroesophageal reflux disease: a cross-sectional study in a South Eastern European population. Dis Esophagus 2016; 29:794–800.

de Bortoli N, Guidi G, Martinucci I, et al. Voluntary and controlled weight loss can reduce symptoms and proton pump inhibitor use and dosage in patients with gastroesophageal reflux disease: a comparative study. Dis Esophagus 2016; 29:197–204

Eivind Ness-Jensen, Kristian Hveem, Hashem El-Serag, Jesper Lagergren : Lifestyle Intervention in Gastroesophageal Reflux Disease. Clinical Gastroenterology and Hepatology February 2016, Volume 14, Issue 2, Pages 175–182.e3

Kohata Y, Fujiwara Y, Watanabe T, Kobayashi M, Takemoto Y, et al. : Long-Term Benefits of Smoking Cessation on Gastroesophageal Reflux Disease and Health-Related Quality of Life. PLOS ONE February 4, 2016.

La sélection

Publicité

Les meilleurs livres et compléments alimentaires sélectionnés pour vous par NUTRIVI, la boutique de la nutrition.

Découvrir la boutique logo Nutrivi

A découvrir également

Back to top