Tout savoir sur le reflux

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Le reflux gastro-œsophagien (RGO) correspond au passage d’une partie du contenu de l’estomac dans l’œsophage. Il se manifeste par des brûlures le long de l’œsophage et/ou des régurgitations. Il se soigne très bien par l'alimentation, les médicaments n'étant pas sans risque. Voici un point complet sur ce trouble et ses traitements.

Sommaire

1
Le reflux gastro-œsophagien : signes et symptômes
2
L'alimentation anti-reflux
3
Reflux et brûlures d'estomac : les nouveaux risques des médicaments anti-reflux (IPP)
4
Reflux : les substances naturelles qui soulagent
1 Le reflux gastro-œsophagien : signes et symptômes

Comment se manifeste le reflux, à quoi est-il dû, quelles sont ses complications ?

Par Priscille Tremblais Publié le 14/11/2017 Mis à jour le 06/02/2018

Le reflux gastro-œsophagien (RGO) correspond au passage d’une partie du contenu de l’estomac dans l’œsophage. L’estomac contient des substances très acides qui aident à digérer les aliments mais la paroi de l’œsophage n’est quant à elle pas faite pour supporter ce type d’acidité. Le reflux cause ainsi une inflammation de l’œsophage qui provoque des symptômes de type brûlures ou irritations locales. Lorsque le reflux est peu fréquent, sans conséquence, on dit qu’il est physiologique. Lorsqu’il devient fréquent, perceptible, il entraîne un risque de complications et de lésions de l’œsophage.

Signes et symptômes

Les symptômes les plus courants sont les sensations de brûlures le long de l’œsophage (appelées pyrosis) et/ou des régurgitations (remontées d’une partie du contenu de l’estomac sans nausée ou vomissements associés). 
Mais le reflux peut parfois prendre des visages moins typiques et se manifester par des troubles digestifs (nausées, douleurs d’estomac, lenteur digestive ou dyspepsie, mauvaise haleine…) ou O.R.L (toux chronique ou hoquet fréquent, mal de gorge chronique, voix enrouée…) ou encore par des douleurs thoraciques évoquant une maladie cardiovasculaire : l’angine de poitrine.

Causes

L’anatomie de la jonction entre l’œsophage et l’estomac est censée garantir l’absence de reflux grâce notamment à un angle particulier que fait le bas de l’œsophage avec la partie supérieure de l’estomac, la présence du diaphragme qui permet de pallier aux pressions abdominales intenses et à ce qu’on appelle le sphincter œsophagien inférieur. Le fonctionnement de ce dernier est mis en cause dans de nombreux reflux. Tel un clapet qui fermerait mal, il s’ouvrirait à des moments où il devrait rester serré. 

Chez la plupart des personnes qui en sont atteintes, le reflux a pour origine un mauvais fonctionnement du sphincter œsophagien inférieur. Ce sphincter est un anneau musculaire situé à la jonction de l’œsophage et de l’estomac. En temps normal, il est serré, empêchant le contenu de l’estomac de remonter vers l’œsophage, s’ouvrant seulement pour laisser passer la nourriture ingurgitée et jouant ainsi un rôle de valve protectrice.
Le RGO peut également être associé à une hernie hiatale. Cependant, l’inverse n’est pas vrai : la hernie hiatale peut ne pas s’accompagner de RGO.

Complications

Le reflux altère la qualité de vie dès qu’il devient chronique et survient plusieurs fois par semaine. Les études montrent que 60 à 90 % des patients souffrant de RGO prennent un traitement médicamenteux pour se soulager et améliorer leur qualité de vie.

Les complications du reflux sont très fréquentes ; elles se rencontrent chez 40 à 50 % des « reflueurs » chroniques. Les plus fréquentes sont les ulcérations superficielles de l’œsophage (œsophagites érosives). Les ulcères plus profonds, le rétrécissement de l’œsophage, la transformation de la muqueuse ou le cancer de l’œsophage sont heureusement beaucoup moins fréquents.
La fréquence des complications augmente avec l’âge. Mais ce n’est pas le seul facteur d’aggravation. L’intensité de l’acidité n’est pas non plus innocente, et un reflux dont le pH est très bas (inférieur à 2) va encore plus agresser la muqueuse œsophagienne. 

2 L'alimentation anti-reflux

Vous souffrez de brûlures d'estomac ? Voici les changements alimentaires qui ont un impact sur le reflux, d’après les études scientifiques.

Par Priscille Tremblais Publié le 06/02/2018 Mis à jour le 06/02/2018

Vous êtes pressé ? Le résumé en images

Selon le Dr Cotinat, gastro-entérologue et auteure de Petits plats savoureux contre le reflux, « le traitement nutritionnel est de loin le plus efficace et le plus complet des traitements du reflux gastro-oesophagien ». L'alimentation anti-reflux vise à la fois à limiter les agresseurs (stress oxydant, stress psychologique, inflammation…), d’autre part, à améliorer les défenses du corps (salivation, barrière anti-reflux, potentiel antioxydant et anti-inflammatoire). Plus le reflux est pris tôt, et plus les lésions seront rapidement réversibles à l'aide de mesures nutritionnelles légères. En revanche, si vous souffrez de reflux depuis plusieurs années, vous aurez probablement besoin de changements alimentaires plus stricts.

Lire aussi : Reflux et brûlures d'estomac : les nouveaux risques des médicaments anti-reflux (IPP)

Voici des mesures diététiques à prendre en cas de reflux, assorties du conseil du Dr Cotinat : « Je vous suggère de commencer par augmenter largement les aliments protecteurs. Tentez ensuite de diminuer, voire supprimer, quelques aliments au profit d’autres. Puis, tranquillement, réajustez les consignes de manière à vous approprier votre nouvelle alimentation en gardant le plaisir et la convivialité. »

Mesure n°1 : manger plus d'aliments protecteurs

La consommation de fruits et de légumes est associée à un risque moindre de reflux gastro-oesophagien (RGO). Mais en cas de reflux, manger des végétaux aide aussi l’œsophage à résister à l'acide. Ce sont des aliments riches en antioxydants, en fibres, en vitamines, en minéraux alcalinisants, ce qui explique ces effets protecteurs.

En pratique

  • Manger des légumes à chaque repas (à hauteur d'au moins la moitié de l'assiette). A consommer crus et cuits, et en variant les couleurs, tout en favorisant les plus colorés pour davantage d’antioxydants.
  • Manger quotidiennement des céréales complètes bio et/ou des légumineuses (lentilles, haricots, pois chiches…) et des oléagineux non grillés, non salés, surtout en cas de problème de constipation.
  • Consommer les fruits de préférence en dehors des repas, et privilégiant autant que possible les petits fruits colorés (mûres, framboises, fraises, myrtilles, cassis…).

Mesure n°2 : favoriser une bonne salivation

La sécrétion de salive est un des indicateurs de la santé de la paroi de l’œsophage et la salive contient par ailleurs des composés protecteurs pour cette paroi. Favoriser la sécrétion de salive pourrait donc protéger du RGO et de ses complications. Deux solutions : bien boire, mastiquer plus.

En pratique

  • Supprimer les eaux gazeuses et les sodas qui provoquent une distension de l’estomac et du reflux.
  • Ne pas boire d’alcool (ou alors très occasionnellement et toujours avec modération) car l’alcool aggrave plusieurs symptômes du reflux (lire mesure n°3). Concernant le café et le thé, les études sont contradictoires.
  • Boire de l’eau plate ou des tisanes semble le meilleur choix. 
  • Pour mastiquer plus, privilégier les aliments durs (crudités par exemple) et mâcher des chewing-gums (pas trop longtemps, ni trop souvent).

Lire aussi : Reflux : les substances naturelles qui soulagent

Mesure n°3 : limiter les aliments agresseurs

Manger des aliments d’origine animale semble aggraver les symptômes d’un reflux tandis qu’une alimentation grasse augmente le risque d’en développer un. La consommation d’aliments en conserve ou en canette est, quant à elle, associée à certains symptômes du RGO comme la dyspepsie. 
Consommer des aliments acides comme les agrumes ou les tomates semble aussi lié au RGO.
Le chocolat est souvent accusé d’augmenter le reflux mais aucune étude n’a démontré qu’arrêter d’en manger entraînait un bénéfice.
Chez certains patients souffrant aussi de maladie inflammatoire de l’intestin, l’adoption d’une alimentation sans gluten a permis d’améliorer aussi les symptômes du reflux.

En pratique

  • Adopter une alimentation riche en végétaux (non acides) et pauvre en viandes, avec le moins d’aliments ultra-transformés possible, et le moins de gluten possible peut aider contre le reflux.
  • Notez que le régime méditerranéen (riche en végétaux, poisson, huile d’olive et pauvre en viande rouge et charcuteries) a été associé à une diminution du risque de RGO.

Deux modifications bénéfiques : arrêter le tabac et mincir
Chez les patients fumeurs souffrant de RGO, arrêter la cigarette permet à la fois d’améliorer les symptômes du reflux et la qualité de vie globale.
Les personnes en surpoids ou obèses ont plus de risque de RGO que celles ayant un poids normal. La bonne nouvelle c’est qu’une perte de poids de 10% est associée à une réduction importante des brûlures d’estomac, régurgitation et douleurs de poitrine.

Lire aussi : notre dossier complet sur le reflux

Mesure n°4 : manger plus souvent et pas trop tard le soir

Ne pas surcharger son estomac peut être utile contre le reflux. Pour cela, on peut fractionner sa prise alimentaire en 5-6 repas au lieu des trois habituels. Mais l’habitude la plus importante à prendre est de manger au moins deux heures avant de se coucher le soir et de ne pas prendre de collation après le repas. En effet, les repas tardifs du soir sont associés à une exposition plus longue à l’acidité et à des nuit plus courtes (or un sommeil insuffisant est lié à des symptômes de RGO plus importants).

En pratique

  • Manger à19-20 h si vous vous couchez après 22 h est une bonne idée.
  • Ne pas grignoter devant la télé ou l’ordinateur après le repas.
  • Dormir avec le haut du lit incliné vers le haut est associé avec des reflux moins graves et moins longs.

Pour en savoir plus et surtout bénéficier de l’expérience d’une gastro-entérologue qui a suivi des milliers de patients depuis une trentaine d’années, lire Soigner le reflux naturellement et Petits plats savoureux contre le reflux.

Sources

Sethi, Sajiv; Richter, Joel E.Diet and gastroesophageal reflux disease: role in pathogenesis and management. Current Opinion in Gastroenterology: March 2017 - Volume 33 - Issue 2 - p 107–111.

Ammar Hassanzadeh Keshteli, Pouria Shaabani, Seyed-Reza Tabibian, Parvane Saneei, Ahmad Esmaillzadeh, Peyman Adibi : The relationship between fruit and vegetable intake with gastroesophageal reflux disease in Iranian adults. J Res Med Sci. 2017; 22: 125.

Nachman F, Vazquez H, Gonzalez A, et al. Gastroesophageal reflux symptoms in patients with celiac disease and the effects of a gluten-free diet. Clin Gastroenterol Hepatol 2011; 9:214–219.

Harathi Yandrapu, Marek Marcinkiewicz, Irene Sarosiek, Jerzy Sarosiek, M : The Role of Saliva in Esophageal Defense: Implications in Patients With Nonerosive Reflux Disease. American Journal of the Medical Sciences, Volume 349, Number 5, Pages 385–391, May 2015.

Mone I, Kraja B, Bregu A, et al. Adherence to a predominantly Mediterranean diet decreases the risk of gastroesophageal reflux disease: a cross-sectional study in a South Eastern European population. Dis Esophagus 2016; 29:794–800.

de Bortoli N, Guidi G, Martinucci I, et al. Voluntary and controlled weight loss can reduce symptoms and proton pump inhibitor use and dosage in patients with gastroesophageal reflux disease: a comparative study. Dis Esophagus 2016; 29:197–204

Eivind Ness-Jensen, Kristian Hveem, Hashem El-Serag, Jesper Lagergren : Lifestyle Intervention in Gastroesophageal Reflux Disease. Clinical Gastroenterology and Hepatology February 2016, Volume 14, Issue 2, Pages 175–182.e3

Kohata Y, Fujiwara Y, Watanabe T, Kobayashi M, Takemoto Y, et al. : Long-Term Benefits of Smoking Cessation on Gastroesophageal Reflux Disease and Health-Related Quality of Life. PLOS ONE February 4, 2016.

3 Reflux et brûlures d'estomac : les nouveaux risques des médicaments anti-reflux (IPP)

Les IPP sont massivement prescrits dans les ulcères, RGO, oesophagites. Ils comportent des risques lorsqu'on les prend longtemps. A manier avec précaution.

Par Thierry Souccar Publié le 11/01/2016 Mis à jour le 06/02/2018

Les inhibiteurs de pompe à protons (IPP) sont des médicaments du reflux gastro-œsophagien ou RGO (oméprazole, ésoméprazole, lansoprazole, etc...). On les prescrit aussi dans les ulcères, les oesophagites érosives. Ils diminuent la sécrétion acide de l’estomac. On les utilise aussi protéger les muqueuses digestives de l’agressivité des anti-inflammatoires oraux (anti-inflammatoires non stéroïdiens, aspirine, stéroïdes). Pris au...

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4 Reflux : les substances naturelles qui soulagent

Si l’alimentation représente le principal traitement du reflux, les compléments alimentaires peuvent s’avérer des alliés non négligeables. Lesquels sont utiles ? Quand ? A quelle dose ?

Par Priscille Tremblais Publié le 15/11/2017 Mis à jour le 06/02/2018

Le reflux gastro-œsophagien (RGO) correspond au passage d’une partie du contenu de l’estomac dans l’œsophage. Il se manifeste par des brûlures le long de l’œsophage et/ou des régurgitations.
L’œsophage est une sorte de tube où circulent les aliments, mais aussi l’acide qui remonte. Les parois de ce tube sont constituées à la surface des...

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