L’Ozempic augmente le risque d’une maladie rare de l’œil

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Plusieurs études suggèrent que les patients diabétiques de type 2 traités par Ozempic présentent un risque accru de développer une pathologie oculaire rare pouvant entraîner la cécité. 

L’Ozempic est un antidiabétique contenant du sémaglutide, une molécule qui mime le GLP-1 (glucagon-like peptide-1) produit après un repas. Le sémaglutide a montré son efficacité chez des patients diabétiques de type 2 pour maigrir et contrôler sa glycémie. Dans une étude sur plus de 1 200 patients, il a permis une perte de poids de 4,6 kg au bout de 30 semaines en moyenne (1). 

Au Danemark, l’Ozempic est utilisé par plus de 100 000 patients. En France il est réservé au seul traitement du diabète de type 2.

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Dans une première étude de la Harvard Medical School de Boston aux États-Unis, il a été observé que l’Ozempic augmentait considérablement le risque d’une maladie rare, la NAION : neuropathie optique ischémique antérieure non artéritique. 

La NAION
La NAION est une lésion irréversible du nerf optique qui peut entraîner une perte de vision grave et permanente. Elle est le résultat d'une interruption soudaine de l'irrigation sanguine de ce nerf et se traduit par une perte d'acuité visuelle ou une réduction significative du champ de vision. L’affection est souvent développée par des patients à risque cardiovasculaire. 

Le lien entre Ozempic et la NAION

L’étude américaine portait sur un échantillon de taille modeste : 710 patients diabétiques de type 2 dont 194 ont reçu du sémaglutide et 516 prenant d’autres antidiabétiques. Sur une période de 36 mois, les auteurs ont trouvé que l'incidence de la NAION était de 6,7 % chez les patients sous sémaglutide, contre seulement 0,8 % pour ceux qui prenaient d’autres médicaments (2). Afin d’en savoir plus, des chercheurs de l’université du Danemark du sud ont mené indépendamment deux études, se basant sur les registres danois.

Dans la première étude, les chercheurs ont analysé les données des 424 152 Danois atteints de diabète de type 2 et constaté que l’Ozempic faisait plus que doubler le risque de lésion du nerf optique (3).

« Parallèlement, en clinique, nous avons remarqué que depuis l'arrivée d'Ozempic sur le marché en 2018, le nombre de cas de NAION au Danemark a augmenté, explique dans un communiqué le Pr Jakob Grauslund qui a dirigé cette recherche. Alors que nous avions l'habitude de voir entre 60 et 70 cas de NAION par an, nous en voyons maintenant jusqu'à 150. En outre, nous avons remarqué que les patients qui viennent à l'hôpital en raison de la NAION sont plus souvent des patients atteints de diabète de type 2. »

Depuis l'arrivée d'Ozempic sur le marché, le nombre de cas de NAION a augmenté au Danemark

Dans la seconde étude, une autre équipe de la même université a examiné un échantillon plus petit de patients, et comparé les nouveaux utilisateurs d’Ozempic à des utilisateurs d’un autre antidiabétique. L’étude concernait 44 517 patients danois et 16 860 norvégiens. Elle n’a pas encore été publiée dans une revue à comité de lecture et fait l’objet d’une prépublication sur MedrXiv (4). Là aussi, le risque de maladie oculaire doublait avec l’Ozempic, l’augmentation du risque restait donc inférieure à celle – bien plus dramatique - observée aux États-Unis.  

Faut-il arrêter l’Ozempic ?

S'il n'est pas traité, le diabète peut entraîner des complications ophtalmiques, moins graves que la NAION mais plus fréquentes. C’est pourquoi les chercheurs ne conseillent pas aux patients diabétiques d’arrêter leur traitement, considérant cet effet secondaire certes grave, mais rare. 

« Cependant, le traitement par Ozempic doit être interrompu si une NAION est détectée dans un œil, commente le Pr Kurt Højlund qui est spécialiste du diabète. La grande majorité des patients peuvent avoir confiance dans leur traitement par Ozempic, car le risque absolu est très faible, mais certaines personnes peuvent préférer un traitement alternatif après avoir consulté leur médecin. »

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