Plus informés par le Nutri-score, les Français ne mangent pas forcément mieux

Par Marc Gomez Publié le 03/12/2019 Mis à jour le 03/12/2019
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La part des aliments industriels bien notés par le Nutri-score progresse, mais ce n’est pas la garantie d’une meilleure santé.

Le Nutri-score a été introduit en France en octobre 2017. Il vise à signaler aux consommateurs les produits industriels de bonne qualité nutritionnelle ; aujourd’hui, près de 200 industriels apposent le logo du Nutri-score sur leurs produits. Selon une enquête Nielsen sur 92 000 produits, ceux qui affichent les scores A et B ont connu une plus forte croissance que les autres au cours de la dernière année avec un chiffre d’affaires en hausse de respectivement 1,1% et 0,8%.

Par comparaison, les ventes des produits affichant des scores C et D reculent, alors que paradoxalement les produits résistent. Pour Emmanuel Fournet, Directeur Insights Distribution chez Nielsen, “les marques sont de plus en plus enclines à lancer des produits plus sains, à revoir leurs recettes, et les consommateurs montrent un appétit certain pour des produits plus sains.

Sauf que dans les faits, les produits bien notés par le Nutri-score ne sont pas forcément garants d’une meilleure qualité nutritionnelle et de promesses d’une meilleure santé pour ceux qui les achètent. Ceci est dû au fait que le Nutri-score se base sur des critères de composition dits « réductionnistes », et néglige le niveau de transformation des aliments. Par exemple, près d’un aliment sur deux bénéficiant d’un score favorable selon le Nutri-score est en réalité ultra-transformé, selon une évaluation faite par Siga (lire encadré ci-dessous). Le Nutri-score (et les applications qui s’en inspirent) peuvent donc aujourd’hui indifféremment diriger les consommateurs aussi bien vers de bons aliments que vers des faux aliments, dont la consommation régulière est associée dans les études récentes, à de nombreux problèmes de santé.

Lire aussi : « Récré O’lé » : un aliment ultra-transformé, recommandé par le Nutriscore

L’information des Français sur les produits industriels reste d’ailleurs lacunaire. Si, selon Nielsen, 14% des consommateurs accordent de l’importance au Nutri-score présent sur les emballages, 7 Français sur 10 se disent mal informés (voire pas du tout) sur les aliments ultra-transformés (AUT), selon une autre enquête Ifop-Siga. La plupart ignore les risques pour la santé d’une consommation régulière de ces faux aliments (surpoids, risque de mortalité plus élevé, maladies cardiovasculaires...), et lorsqu’ils en sont informés, c’est essentiellement (à 84%) par les médias (seuls 12% citent un professionnel de santé).

Siga, un indice et une méthodologie scientifique d'évaluation du degré de transformation des aliments
La méthode d'évaluation Siga tient compte de trois données essentielles :
1. le degré de transformation des aliments,
2. le niveau de risque des additifs (classement entre « absence de risque » ou « substance évaluée à risque »),
3. les seuils nutritionnels (taux de sel, sucres, matières grasses. Ils ne sont, par exemple, pas en pris en compte dans la classification holistique Nova).
L'indice SIGA permet de classer les aliments selon 7 catégories, afin d'aider les consommateurs à mieux choisir leurs aliments.

La Nutrition.fr a été en 2015 le premier média grand public à populariser la notion d’AUT, bien avant que les pouvoirs publics s’inquiètent de leur présence dans les rayons. Le fait que des aliments bien notés par le Nutri-score soient en réalité ultra-transformés, y compris lorsqu’ils ont été reformulés soi-disant pour « être plus sains » doit conduire les consommateurs à lire attentivement les étiquettes même lorsque la note accordée par le Nutri-score (ou une application qui scanne les produits) est favorable .

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