Plus on mange d’aliments ultra-transformés, plus on risque d’être diabétique

Par Sarah Amiri Publié le 17/12/2019 Mis à jour le 18/12/2019
Actualité

Après le surpoids, le cancer, les maladies cardiovasculaires, une consommation élevée d'aliments ultra-transformés est associée à un risque accru de diabète de type 2, selon une étude française d’observation.

Pourquoi c’est important 

LaNutrition.fr a été en 2015 le premier média à alerter sur la présence massive d'aliments ultra-transformés (AUT) dans nos assiettes et les risques potentiels qu’ils font courir pour la santé. Le critère de l'ultra-transformation préside d'ailleurs à la sélection des produits que nous conseillons dans nos articles et dans les livres de notre collection Le Bon Choix. En France, ces aliments industriels qui sont en fait des assemblages d’ingrédients hautement purifiés représentent 36% des calories consommées par les adultes population adulte…

La consommation d'aliments ultra-transformés a déjà été associée à des risques accrus de troubles métaboliques, d’obésité, d’hypertension et de maladies cardiovasculaires, de mortalité et de cancer, de symptômes dépressifs et de troubles métaboliques. Une étude d'intervention américaine a établi un lien entre la consommation d'aliments hautement transformés et le gain de poids, mais la nouvelle étude après analyse de l’alimentation de 100 000 Français pendant 10 ans suggère que les aliments ultra-transformés pourraient augmenter le risque de diabète, indépendamment de leur influence sur le poids.

Il faut toutefois rappeler que la plupart de ces études sont dites "d'observation" et qu'elles ne permettent pas toutes de tirer une conclusion de cause à effet, simplement émettre une hypothèse.

À lire aussi : Plus informés par le Nutri-score, les Français ne mangent pas forcément mieux 

L’étude

Pendant 10 ans (2009-2019), plus de 100 000 participants (42 ans en moyenne au début de l'étude et avec une large majorité de femmes) ont été régulièrement invités à remplir une série de questionnaires diététiques. L’analyse de ces questionnaires a permis aux chercheurs d’associer une consommation importante d’aliments ultra-transformés (AUT) à un risque plus grand de développer un diabète de type 2, indépendamment du poids que font prendre aussi ces aliments. Pour chaque augmentation de 10% de la part d’aliments ultra-transformés dans l'alimentation, le risque de diabète augmente de 15%. Après la prise en compte de facteurs comme la qualité nutritionnelle de l'alimentation, d’autres problèmes de santé, l’évolution du poids, le risque de diabète reste significativement élevé (13%).

La quantité absolue d'aliments ultra-transformés, en grammes par jour, était également associée au risque de diabète de type 2, même après que les chercheurs aient pris en compte la consommation d'aliments non transformés ou peu transformés. Le risque paraît augmenter de 5% pour 100 grammes d’aliments ultra-transformés consommés en plus chaque jour.

Dans l'ensemble, les proportions d’AUT étaient plus élevées chez les participants les plus jeunes, les personnes obèses, celles dont le niveau d'activité physique est moins élevé et les fumeurs. Une consommation plus élevée d’AUT était liée aussi à une qualité nutritionnelle inférieure, avec une alimentation comportant plus de calories, d’acides gras saturés, de sel et de sucre, de viandes transformées et moins de fibres, de céréales complètes, de noix, de fruits et de légumes…

Additifs et index glycémique

Cette nouvelle étude est une étude d’observation, qui ne permet pas de conclure à une relation de cause à effet. Cependant, si les aliments ultra-transformés sont réellement en cause, on pourrait l’expliquer par le fait que :

  • ils ont un index glycémique plus élevé que les aliments peu transformés
  • ils renferment aussi plus d’additifs et d’ACE, des composés pouvant nuire à la qualité du microbiote intestinal comme l’ont montré des études.
  • ces produits industriels emballés souvent dans des plastiques peuvent conduire à absorber des plastifiants comme les phtalates et d’autres substances comme les bisphénols susceptible d’élever la glycémie et conduire à une résistance à l’insuline ;
  • les processus de transformation comme le chauffage à haute température, l’extrusion, sont à l’origine de produits de glycation avancés (AGE), eux aussi soupçonnés de favoriser la résistance à l'insuline.

En pratique

Le chercheur français Anthony Fardet conseille dans « Halte aux aliments ultra-transformés » de ne pas consommer plus de 15% de ses calories sous la forme d’aliments ultra-transformés. Cela conduit à privilégier les aliments bruts que l’on cuisine soi-même.

Il peut s’avérer compliqué de changer ses habitudes alimentaires quand on n’est pas vraiment doué en cuisine ou quand notre environnement est imprégné de nourriture industrielle. Le changement doit se faire progressivement, mais sûrement ! Voici quelques conseils pour commencer :

  • Apprendre à reconnaître les aliments ultra-transformés 

Ces produits sont très souvent suremballés avec un packaging très coloré et comportant divers mentions et labels.  Ce sont de faux aliments comportant des ingrédients que l'on ne peut pas trouver dans les placards de sa cuisine. Quelques indices présents sur l’étiquette du produit peuvent indiquer sa nature très transformée. En effet, plus la liste d’ingrédients est longue, plus le produit est susceptible d’être transformé. Il faut aussi être attentif aux ACE et additifs, ces ingrédients industriels que l’on ne trouve pas dans nos cuisines.

Le Nutri-score ne prend pas en compte l’index glycémique (souvent élevé dans les aliments ultra-transformés), les teneurs en vitamines et en minéraux des aliments, la qualité et l’équilibre des graisses, la qualité des protéines et surtout la transformation des aliments. Résultat : de nombreux produits ultra-transformés se retrouvent avec un score A ou B. Des applications sont intéressantes pour connaître le degré de transformation des produits notamment Open Food Facts, qui donne la classification Nova, et Scan Up qui utilise l'indice Siga qui prend en compte le degré de transformation des aliments..

À lire aussi : « Récré O’lé » : un aliment ultra-transformé, recommandé par le Nutri-score 

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